30/12/2015

Je vœux

Un an de plus, ne vous déplaise.

Un an de moins sur le bilan.

Nous avons dépassé de seize

les deux mille avalés avant.

Des vœux du vent et des fadaises,

j'en ai reçu et promis tant,

que je ne suis plus très a l'aise

à proclamer spontanément:

Tranquillité aux Népalaises

Paix et bonheur pour le Liban

Prospérité prés du Zambèze

Et joie de vivre au Kurdistan.

Mais je m'engage sans malaise

à vous souhaiter que pour un an,

vous restiez loin des prothèses

et n'ayez jamais mal aux dents.

 

12/12/2015

COP de plumes 21

 

Au colloque des hirondelles,

le ton est grave en la saison.

Comment partir à tire d'aile

rejoindre d'autres horizons?

Alors que chauffe la planète

et que la date du printemps,

est prévue juste après les fêtes

de Noël et du jour de l'an.

 

Sur la potence supérieure

du pylône de conférences,

une nichée de grappilleurs

débattait avec arrogance.

« Nos habitudes dans le nord

ne seront jamais négociables.

Nous porterons tous nos efforts

à concevoir des nids durables.

Et qu'importe si nos déchets

forment des gaz délétères,

il faudra vous habituer

au réchauffage planétaire ».

 

Non loin de là, sur une branche,

une escouade d'oisillons,

pépiait avec insistance

un florilège d'opinions:

« Partageons équitablement

les moucherons et les moustiques.

Accueillons sans ressentiment

les hirondelles de l'Afrique ».

Considérant que leur fracas

gênait la tenue des débats,

une escadrille d'alouettes

fit s'envoler ces trouble fête.

 

Mais sur un câble secondaire,

on agitait d'autres idées

au risque de faire éclater

le consensus réactionnaire:

on disait que par le passé,

les migrations fuyant l'hiver

avaient largement profité

des ressources de l'outre mer,

et tous les oiseaux endémiques

de ces contrées d'aridité

envisageaient de profiter

de la justice climatique.

 

On compta les prises de bec,

les envolées des orateurs,

mais il fallut bien du labeur

pour ne pas avouer l'échec.

 

Ce fut pourtant à l'unisson

que les caciques emplumés

décidèrent de se retrouver

à la prochaine migration.