12/10/2015

LE BLUES DU RAGONDIN

En bordure d'étang vivait un ragondin,

 

paternel affairé d'une grande famille.

 

Ce rongeur exigeant, professait l'entretien

 

de son écosystème aux carpes et anguilles.

 

Ses berges impeccables imposaient le respect

 

à la faune aquatique triée sur le volet.

 

 

 

La mairie tolérait avec bienveillance,

 

le paisible animal sur ses rives moussues.

 

Le bail était précaire, mais il était conclu

 

pour autant que ses dents limitent les nuisances.

 

Et que chaque petit aussitôt que sevré

 

vers d'autres horizons soit prié d'émigrer.

 

 

 

La chaleur de l'été vida tout un canal,

 

délogeant la tribu d'un de ses congénères,

 

qu'on dut réimplanter dans les eaux nourricière

 

où régnait fièrement notre bel animal.

 

 

 

L'intrus venu du sud n'avait pas de manières.

 

Profitant goulument du havre végétal

 

consomma sans compter les matières premières

 

et creusa le rivage d'inutiles dédales.

 

 

 

La mairie s'en ému et ce fut un scandale.

 

En tant que réfugiés pour le moins démunis

 

les nouveau arrivants bénéficiaient d'appuis

 

des services sociaux du Conseil Général.

 

 

 

La rumeur s'étendit à tous les marécages,

 

qu'un étang accueillait sur de vastes rivages

 

le peuple ragondin de tous les horizons

 

sans carte de séjour ni autorisation.

 

 

 

Il fallut peu de temps mais des dégâts visibles,

 

pour que l'on s'accorda sur un vague traité,

 

classifiant les rongeurs en espèces nuisibles

 

et citant la recette d'un excellent pâté.

 

 

 

Soucieux d'échapper au sort impitoyable,

 

condamnant ses cuissots aux lames du hachoir,

 

l'animal plaida devant tous les notables

 

le respect des quotas dans les flux migratoires.

 

Ses idées enchantèrent un édile local

 

qui avait sur le front l'emblème national.

 

Conviant l'animal à son prochain banquet.

 

L'ajouta au menu sous forme de civet.

 

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