27/12/2013

des RH

 

Monsieur le directeur des ressources humaines

contemple sa récolte avec satisfaction:

"Que de gens compétents pour toutes ces mission

ai-je pu dénicher en moins d'une semaine.

Le choix était ardu, et parfois cornélien,

tant les propositions croulaient dedans la boite.

Mais il en est ainsi qu'autant de bons à rien

rédigent leurs CV sans mettre une cravate.

Et le tri fastidieux d'indigestes papiers

sans souffrir de remords, en fut facilité."

 

Les ressources humaines ont ceci de parfait

qu'elles ne s'épuisent pas autant que les fossiles.

La crise nous fournit nombre de jeunes habiles

et justifie l'exil de vieux insatisfaits.

 

Mes compétences excellent au choix des candidats.

Je flaire le défaut bien avant que de lire

la lettre pathétique dictée par pôle emploi

où les motivations étouffent le désir.

Me voila magistral au fond de mon fauteuil,

l'oreille attentive et le regard humide,

face à un candidat plus livide qu'en deuil,

qui débite d'un trait sa carrière insipide.

 

Je prends note parfois d'un mot intéressant

qui pourrait me servir dans un futur ouvrage,

sur ma vie, mes amours ou le recrutement,

que je rédigerai lorsque j'en aurai l'age.

 

Mais voici le moment où d'un geste du bras

j'interromps le discours, abrégeant le calvaire

d'un ton encourageant, par:« on vous écrira »

ou bien pontifical:« voyez ma secrétaire »

 

Qu'ils soient prolétaires ou cadres de haut rang,

tous patienteront deux jours devant ma porte.

Une fois pour l'embauche l'autre un licenciement.

Nul ne peux m'éviter qu'il entre ou bien qu'il sorte.

A moins, et je le crains, qu'à un age assez mur,

je ne sois convoqué par la voie hiérarchique,

chez mon alter ego, plus jeune, et déjà sur

que mon remplacement est affaire de logique.

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