25/11/2013

OPÉRA

Par dela les parois, le chant de la voisine

accompagne les nuits du quartier languissant.

Quand le temps est si chaud que les volets baillants

invitent à l'insomnie mieux que la cafeine.

 

Les ombres s'allongeaient que déjà les soupirs

avaient pris l'ascendant sur le chant des cigales

mais elle a su attendre le moment de dormir

avant de libérer son organe vocal.

 

Chacun retient son souffle attendant le sommet

qu'elle gravit lentement profitant des étapes,

en sourdine parfois à travers l'oreiller

dont le duvet soyeux connait bien les agapes.

 

Les parois de béton reverbèrent l'echo

qui donne aux soupirants l'impression d'être triple.

Comme si la maison portait la libido

de tous ses occupants quels que soient leurs mérites.

 

La fin du récital arrive crescendo,

et tout bon mélomane a l'oreille attentive.

Les accords sont serrés, parfois des trémolos,

ajoutent au phrasé une note excessive.

 

Et voilà l'explosion dans un registre aigu.

Le cristal a vibré jusqu'au fond des placards

applaudir à présent paraitrait incongru,

tant on ne souhaite pas encourager son art.

 

Un silence précaire engloutit le quartier.

traversé par le bruit d'un moustique repu

Alors du voisinage à travers les croisées,

des grincements suspects envahissent la rue.

19/11/2013

CONTRI-MUABLE

 

Dans le fond de la taxe

si on ne remue point,

se dépose furax

le dépit citoyen.

On y lit l'avenir

en couches successives

de promesses évasives

impossibles à tenir.

 

La chanson des impôts

obscure ritournelle

cadence les dépôts

de bilans à la pelle,

et pour tout un chacun

monsieur de percepteur

accède sans honneur

au titre de gredin.

 

On craint la tva

qui grève nos achats

autant que l'isf

attise nos griefs.

Mais qui tient le pompon

dessus les bonnets rouges

des Normands aux Bretons

de Rouen à Toulouges?

 

C'est l'impôt des roulants

celui du caoutchouc

des gros culs polluants

traversant le Poitou.

Bien mieux que la gabèle

il excite les hordes

détourne les fidèles

et produit le désordre.

Et l'homme politique

soudain désemparé

ne sait plus ou glaner

pour le trésor public.

 

Dans le fond de la taxe

si on la remue mal

l'impôt fera à Marx

un affront national.