07/06/2013

YA PLUS D'SAISONS

 

Comment se réjouir quand d'onctueux nuages

transforment l'horizon en un rempart obscur?

Lorsque un air agité contracte le mercure

au mépris des saisons, sans respect des usages.

Le printemps ne devient que vagues souvenirs

d'épaules dégagées sur une peau trop blanche,

d'un besoin de couleurs que la nature épanche

en tapis de jonquilles offertes à cueillir.

 

Les saints que l'on invoque ont des prénoms frileux,

redoutés des oisifs, la veille du dimanche,

prisés des jardiniers, quoique fort facétieux

quand les cerises mures éclatent sur les branches.

 

Le joli mois de mai se déguise en brumaire,

la foule véhémente perd sa motivation

quand il faut défiler vêtu comme en hiver,

sur le pavé glissant de Bastille à Nation.

 

Et sur quelques parvis, les premiers communiants

grelottent en silence dans leurs aubes mouillées.

Maudissent le moment tout autant que l'abbé

sous les yeux enrhumés de bigots larmoyants.

 

Les robes qui traversent affrontent la saison,

sur de fières épaules asservies à la mode.

On les voit frissonner au passage piéton

sous de grands parapluies que le vent incommode

 

Aussi se désespèrent les garçons de café,

surveillant la terrasse un torchon à la main,

en voyant s'éloigner un pourboire certain

dans un imperméable courbé sous les ondées.

 

Il n'est plus de sujets autres que les nuages

à tous les bout de zinc on se plaint des frimas

et chacun désespère des sautes du climat,

effaçant des écrans notre taux de chômage.

 

Mais enfin voilà poindre un rayon de soleil,

le badaud réchauffé, du printemps s'émerveille.

Mais avant qu'on ait vu fleurir les campanules

à l'autre bout du bar maudit la canicule.

 

 

 

 

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