16/04/2013

La Cigale et le réchauffement, la Fourmi et la crise

Blottie à l'ombre d'une écorce,

déprimait un jour de printemps,

une belle cigale Corse,

espérant un réchauffement.

Mes ailes givrent et je grelotte,

comment pourrais-je m'exprimer

si ce Mistral encore frisquet

continue à geler mes notes?

L'hiver s'attarde et la saison

où mon talent s'épanouit,

se réduit plus que de raison

en prolongeant mon insomnie.

Ce délai pourrait m'être fatal

et le budget de la culture

met en péril les festivals.

Sans un cachet, même en nature,

ma survie est bien compromise

même avant la prochaine bise.

Plutôt que d'être intermittent,

il me faut un impresario.

Dame Fourmi a l'entregent

et le budget pour ce boulot.

 

Sitôt descendue de son chêne,

la voici à la fourmilière,

à la recherche d'un mécène

pour échapper à la misère.

 

La Fourmi n'est pas enthousiaste,

c'est là son moindre défaut.

La conjoncture nous est néfaste

à subir la hausse des taux.

Comment pourrais-je financer

les trémolos d'un saltimbanque

au moment où toutes les banques

nous privent de liquidités?

Votre art est, bien sur, appréciable

mais il vous faudrait l'exercer

à mi temps d'un autre métier

pour des revenus convenables.

Je vous offre un petit salaire

comme agent de sécurité,

aux entrées de la fourmilière,

vous chanterez si il y a danger.

C'est ainsi que vos récitals

vous forgeront un capital.

Mais le contrat reste précaire.

Au moindre signe de paresse,

sans préavis ni honoraires,

vous pourrez émigrer en Grèce.

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