27/03/2013

MARÉE AMÈRE

Survolant la jetée, comme mousse de bière,

l'écume blanche explose en un voile de gouttes.

Poussée depuis l'orient par un vent de colère,

La houle s'arrondit et affronte la terre

déversant sur la grève son chargement de soutes

volé aux téméraires osant croiser sa route.

 

Gare à qui la rencontre le jour où en furie,

elle disloque et éclate le moindre des débris.

S'il n'a pas pris la barque adaptée au roulis

de lui ne restera qu'une botte moisie.

 

Au tréfonds de la mer,

de fiers poissons ventrus,

loin de cette colère

s'assoupissent repus

d'un festin de leurs frères

gobés parfaitement crus.

Certains soirs d'été, parmi les plus chenus,

s'y réunissent squales, cachalots et tortues.

De longs débats profonds, bien que fort décousus,

traitent de pénurie, des quotas de morue

s'achevant, rarement, par un plein consensus.

 

Des tempêtes d'en haut, peu ici s'en inquiètent,

elle n'ont pour intérêt que de laisser des miettes

descendre lentement vers les fonds abyssaux

informant l'océan de nos dernières modes.

Leurs progrès sont constants, songe un gastéropode

en observant sombrer l'épave d'un frigo.

 

A leurs yeux sous marins les lignes des navires

tracent des flèches blanches comme le font les avions

dans un ciel étoilé lorsque la nuit s'admire,

spectacle permanent pour le monde poisson.

Il est pourtant fréquent qu'un de ces fiers vaisseaux

laisse un trainée noire visqueuse et odorante.

Les baleines illico se détournent des eaux,

fuyant à coup de queue cette marée gluante.

 

Tout prés des plages d'or arrosées par les vagues,

les flots sont entaillés par de vaillants surfeurs.

Sous les yeux ébahis de huileuses naïades,

ignorant qu'en dessous, encore imperturbables

des mâchoires attentives espèrent leurs erreurs.

C'est en contrepartie de ce que l'on prélève

un bien maigre tribu rendu aux océans

le jour ou les humains observeront la trêve,

de ces grands prédateurs nous verrons moins les dents.

Commentaires

Vincent, vincent, que te voilà prolixe,
Un texte par semaine et combien de vers,
Chapeau bien bas l'artiste
A toi, je lève... ma tasse
Dommage il est trop tard pour lever mon verre!

Écrit par : Fred | 02/04/2013

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