25/03/2013

BIP

 

Tout en marchant dans la venelle

ses membres désynchronisés,

en un langage universel

accompagnent sa logorrhée

 

Son pas emprunte une marelle

sans plus se soucier de l'objet

Bien agrippé à son oreille,

tel un parasite nacré.

 

Il persuade et interpelle

un invisible locuteur,

dont les propos confidentiels

ne concernent que son auteur.

 

Convaincu de son importance,

il hausse le ton, éructe et rit.

Au nez des passants ébahis,

par tant d'oubli des convenances.

 

Fier de l'outil qui fait sa gloire

et lui permet de s'exposer,

il parait sourd aux quolibets

de son public goguenard.

 

Enfin par un mot italien,

il conclut sa conversation

et manipule son pavillon

qui interrompt soudain le lien.

 

Alors le regard étonné,

il ralentit et puis s'arrête,

saisit le lieu, fixe ses pieds.

Ainsi changé en marionnette.

 

Mais d'un coup l'écran s'éclaircit

et la vibration le ranime,

intimant ses souliers vernis

à relancer sa pantomime.

 

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