21/03/2013

GRAT.

Mon sort est bien peu enviable,

pense le petit animal

agrippé à la base du poil

d'un transporteur désagréable.

 

Ai-je choisi d'être un insecte?

Assurément le plus petit

qui rencontre votre mépris

et tous ces sobriquets abjects

 

Je suis pourtant assez sociable,

je colonise sans égard

des fourrures de ventrus notables

aux dermes velus des clochards.

Sans préjugés ni faux semblants,

je me colporte impunément,

de la plus raffinée comtesse

à son abbé qui la confesse.

 

Certes j'abuse de la chair

mais il faut bien que je survive

et mes dégâts sont éphémères,

comparés à ceux d'une vive

 

quand vous grattez je suis parti

je n'insiste pas sur l'endroit

le risque est grand si je suis pris

de rencontrer l'un de vos doigts.

 

Alors je plonge en la toison,

refuge sûr, chaude couveuse

là se reposent mes œufs ronds

par qui vous serez malheureuse.

 

Soudain je tousse et je suffoque,

vous employez par devers moi

des jets qui sont, sans équivoque,

prohibés par toutes les lois.

 

J'expire, hélas et je décroche

mes pattes de votre cheveu.

Mais j'ai ouï-dire qu'un de vos proches

transporterait tous mes neveux.

Commentaires

Bonjour Vincent,

J'ai été à demi-surprise quand Jérôme m'a dit que tu écrivais des poèmes...mais la vraie surprise, c'est le passage à l'acte. Je t'ai toujours trouvé un côté "rêveur"...Beaucoup rêvent d'écrire, peu osent le faire...

Concis, tonique, grave mais non dénué d'humeur, GRAT m'a beaucoup plu...Bravo et merci.

Michelle

Écrit par : Meyrignac Michelle | 22/03/2013

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